La protéine tau est naturellement présente dans les neurones humains.

Elle est associée à des structures en forme de filaments, les "microtubules", qui participent à la formation des prolongements émis par les neurones pour communiquer entre eux et à celle du squelette cellulaire. Sous sa forme normale, la protéine Tau est nécessaire au bon fonctionnement des neurones.


Une découverte faite par hasard

C'est en travaillant sur la perte de la mémoire, que le Pr Etienne-Emile Baulieu et son équipe viennent de faire la découverte portant sur les anomalies de fonctionnement de la protéine Tau.

Des formes anormales de la protéine tau, comportant un excès d'atomes de phosphore, sont impliquées dans certaines maladies neurodégénératives, dont celle d'Alzheimer. Leur accumulation donne des sortes de pelotes ou de "buissons" dans le cerveau.

La croissance désordonnée de cette protéine forme des « buissons » qui affectent le fonctionnement des cellules du cerveau et favorisent le développement de maladies telles que celle d’Alzheimer : les tauopathies.

La protéine Tau est un élément déterminant et donc aussi un marqueur du développement de lamaladie d’Alzheimer et d’autres affections dégénératives du cerveau.


Sources : www.etudiante-infirmiere.fr, www.lexpress.fr, le 20 janvier 2010


 


Protéine tau pathologique : l’apport de la génomique


La protéine tau joue un rôle clé dans le maintien des microtubules, des structures sub-cellulaires qui créent un échafaudage (scaffolding) ou cytosquelette dans les neurones, permettant des extensions (axones) sur de longues distances.

Dans les conditions normales, la phosphorylation (ajout de phosphates) de la protéine tau permet aux microtubules de se lier et de se délier, permettant aux neurones de se connecter et de se reconnecter entre eux. Pour Travis Dunckley, duTranslational Genomics Research Institute (T-Gen, consortium associant une douzaine de centres de recherche, dont la Clinique Mayo et l’Université de l’Arizona), cette fonction essentielle facilite la plasticité neuronale, et aide à la formation de la mémoire.

Dans la situation pathologique, la protéine tau est hyperphosphorylée de façon permanente, ce qui crée des enchevêtrements (tangles) de neurofibrilles, l’une des signatures biochimiques de la maladie d’Alzheimer : les microtubules sont détruits, le cytosquelette ne maintient plus les branches synaptiques des neurones, qui se rétractent et meurent. Résultat : les neurones ne peuvent plus communiquer entre eux.

La phosphorylation de tau est régulée par des enzymes appelées kinases. Les chercheurs de T-Gen ont exploré de façon systématique les six cents kinases existant dans les cellules humaines. Vingt-six étaient associées à la phosphorylation de tau et trois à l’hyperphosphorylation, responsable de la désorganisation permanente des microtubules. La prochaine étape est l’identification de molécules pouvant bloquer les effets de ces trois kinases.


www.medicalnewstoday.com. BMC Genomics. Azorza DO et al.High-content siRNA screening of the kinome identifies kinases involved in Alzheimer’s disease-related tau hyperphosphorylation. 12 janvier 2010.


Source : www.alzheimer-fr.org, le 04 février 2010


Une arme « anti-tau » potentielle


L'équipe Inserm animée par le Pr Étienne-Émile Baulieu, à l'université Paris XI, vient de caractériser une nouvelle « arme » potentielle contre la maladie d'Alzheimer. Il s'agit d'une protéine, FKBP52, qui inhibe la protéine Tau, notamment la protéine tau pathogène.

Jusqu'ici, la plupart des pistes de recherches d'un traitement de la maladie d'Alzheimer se sont focalisées sur la plaque amyloïde, mais peu ont ciblé la protéine tau.

Au plan moléculaire, deux phénomènes ont été mis en évidence in vitro : l'équipe Inserm a montré d'une part que la protéine FKBP52 se lie spécifiquement à la protéine tau, cette liaison étant augmentée par l'hyperphosphorylation de tau ; d'autre part, cet accrochage de FKBP52 à la protéine tau supprime l'activité de cette protéine tau, inhibant son rôle dans l'assemblage des microtubules.

Au plan cellulaire, une surexpression de la protéine FKBP52 provoque deux effets : elle empêche l'accumulation de la protéine tau dans les neurones, et elle réduit la longueur des prolongements neuronaux. Il a été également observé une co-localisation de FKBP52 et de la protéine tau à l'extrémité des axones, au niveau de leurs « cônes de croissance ».

Par ses interactions avec la protéine tau, cette protéine FKBP52 pourrait constituer une « arme anti-tau », qu'il s'agirait d'activer.

L'espoir émis par le Pr Baulieu est de découvrir d'ici deux à trois ans une molécule capable d'activer cette arme antitau. En collaboration avec l'hôpital Charles-Foix (Ivry-sur-Seine), l'équipe Inserm de Paris XI va travailler sur une méthode de dosage de FKBP52 pour étudier si chez l'homme, cette protéine est diminuée dans les pathologies neurodégénératives.


Source : www.impact-sante.fr, le 20 avril 2010 (Article complet)

 

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