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Recherche 2012/ La piste de la protéine FKBP52 du Pr Baulieu


En janvier 2010 le Professeur Etienne-Emile Baulieu rendait publiques ses recherches sur « une nouvelle approche moléculaire et cellulaire de la maladie d’Alzheimer et d’autres démences séniles ». L’hypothèse fondatrice de cette approche a pu être vérifiée et les travaux accomplis ces deux années permettent aujourd’hui envisager la protéine FKBP52 comme un nouveau marqueur biologique de ces maladies.



Les altérations pathologiques de Tau, en particulier l’hyperphosphorylation, sont centrales dans la maladie d’Alzheimer et d’autres démences.
Les travaux de l’équipe du Pr Baulieu publiés en 2010 montraient que la protéine FKBP52, présente dans le cerveau, empêche notamment l'altération la protéine Tau. Ils suggéraient un effet anti-Tau de FKBP52, du fait de son interaction avec la protéine Tau pathologique.

Les résultats d’une étude prochainement publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease* ont été annoncés par le Pr Baulieu ce mardi 24 janvier à l’Académie des Sciences. Ils confirment l’hypothèse de base de 2010 : le rôle modulateur et potentiellement protecteur de la protéine FKBP52 dans les démences séniles (tauopathies, y compris la maladie d’Alzheimer), du fait de son interaction avec la protéine Tau.

Les observations nouvelles sont d’ordre physico-chimique moléculaire, cellulaire, et animal. Les travaux réalisés sur le poisson zèbre montrent que le freinage et la suppression de FKBP52 sur un poisson sain entraînent une mortalité considérable de ses neurones.

De plus, pour la première fois, l’équipe du Pr Baulieu a confirmé l’importance de la protéine FKBP52 dans le diagnostic de plusieurs maladies dégénératives, dont celle d’Alzheimer. Ces recherches ont fait appel au Pr. Charles Duyckaerts, directeur de la Banque de cerveaux à l’hôpital de la Salpêtrière. Les résultats obtenus indiquent une diminution considérable, 75%, de la FKBP52 cérébrale chez les patients atteints de maladie d’Alzheimer et d’autres tauopathies.

Il s’agit maintenant d’élaborer un test de diagnostic précoce de la maladie, faisant appel au dosage de FKBP52 dans les liquides biologiques (liquide céphalo-rachidien ou sang).

A terme, cette protéine dont le taux baisse de manière drastique dans le corps des malades, pourrait aussi permettre la mise au point d’un traitement selon les déclarations du Pr Baulieu. L’insuffisance de FKBP52 observée dans le cerveau pourrait être corrigée par la simulation pharmacologique de l’activité anti-Tau. L’équipe Baulieu peut étudier les caractères physico-chimiques et biologiques des interactions Tau-FKBP52 en présence de molécules qui se lient à FKBP52 et en modifient le fonctionnement pour définir des candidats médicaments efficaces.

Il s’agit d’une piste intéressante à suivre, devant laquelle il convient de rester modeste ; attention au vaste engouement médiatique suscité par des espoirs qui peuvent se révéler décevants.

Dominique Monnier le 25 janvier 2012

Source et visuel : Institut Baulieu

*Référence : Decrease of the immunophilin FKBP52 accumulation in human brains of Alzheimer’s disease and FTDP-17. Julien Giustiniani, Marlène Sineus, Elodie Sardin, Omar Dounane, Maï Panchal, Véronique Sazdovitch, Charles Duyckaerts, Béatrice Chambraud and Etienne-Emile Baulieu. Journal of Alzheimer Disease, (2012) Vol. 29, issue 2, in press.

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