Diagnostic 2011/ Diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer : A quel stade ?
Pour le Conseil national des généralistes enseignants (CNGE), « en l’absence de traitement curatif, il n’est pas justifié de dépister la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées en population générale, et a fortiori les troubles cognitifs légers ».
Si le dépistage en population générale semble exclu en effet, une remise en cause du diagnostic précoce est loin d’être partagée par tout le corps médical. Il y a des conduites thérapeutiques à tenir, et les patients traités par une des molécules existantes se dégradent moins vite.
La position du CNGE présente néanmoins l’intérêt de poser la question du stade auquel un diagnostic précoce est légitime et bénéfique.
Pour le collège académique, « les preuves du bénéfice d’un diagnostic précoce sont assez limitées ». « Un dépistage ou un diagnostic trop précoce peut conduire à de nombreux diagnostics faussement positifs et provoquer une angoisse inutile chez les patients et leur entourage », indique t’il.
L’association de médecins généralistes souligne par ailleurs que « les batteries d’examens utilisées en milieu spécialisé pour une évaluation neuropsychologique approfondie sont encore insuffisamment validées, et peuvent conduire à des diagnostics erronés ».
« Diagnostics faussement positifs », « batteries d’examens insuffisamment validées », « diagnostics erronés », des affirmations en forme d’accusations que le CNGE fait reposer sur quelques citations bibliographiques, mais qui méritent certainement bien plus. Une position troublante.
Est-elle partagée par les syndicats de médecins généralistes et surtout par les neurologues et gériatres, spécialistes de ces techniques et diagnostics ?
Des spécialistes qui semblent être pris à partie, puisque le CNGE regrette par ailleurs que « les résultats de ces investigations soient insuffisamment transmis au médecin traitant du patient ».
Et le public ?
N’oublions pas son intérêt pour un diagnostic précoce ! démontré récemment par une étude présentée en juillet à Paris à l’occasion de l'Alzheimer's Association International Conference (AAIC). (Voir notre article du 6 août)
Pour revenir au CNGE, il conclut qu’il « ne recommande donc pas le dépistage de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées, mais une approche diagnostique en fonction du bénéfice attendu pour le patient. »
Sources : Alzheimer's Association (ICAD), CNGE
Dominique Monnier, le 15 octobre 2011






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