Droits et devoirs des usagers et des professionnels de santé
Début 2009, le Médiateur de la République a mis en place le Pôle Santé et Sécurité des Soins chargé de traiter les réclamations liées aux droits des malades et à la sécurité des soins. Depuis sa création il a traité près de 4795 requêtes des usagers du système de santé. Sur l’ensemble de ces réclamations, le Médiateur de la République observe une montée inédite et progressive des phénomènes de maltraitance concernant non seulement les patients, mais également le personnel hospitalier, parfois victime de comportements agressifs. Les situations rencontrées par le Pôle Santé et Sécurité des Soins sont multiples et loin d’être exhaustives : Un certain nombre de facteurs sont cités par les professionnels de santé pour expliquer la maltraitance : leur « souffrance », les conditions d’exercice contraignantes, un encadrement parfois défaillant et une organisation beaucoup trop rigide. Cependant, de nombreux services se sont mobilisés pour développer une démarche de « bientraitance ». Pour Gérard Vincent, délégué général de la FHF, il convient de "passer d'une culture d'infaillibilité présumée à la reconnaissance des ses erreurs". Le Pôle Santé et Sécurité des Soins a constaté l’existence d’un climat de méfiance réciproque, source de conflit et qui induit des attitudes d’auto-protection de la part des professionnels et l’émergence de comportements agressifs de la part des usagers. Télécharger les indicateurs de suivi et les résultats du pôle santé Source : www.agevillage.com, le 26 janvier 2010
- attentes interminables des familles avant d’être conduites auprès de leurs proches hospitalisés ;
- sentiment d’avoir été mal ou pas informé, ou rarement écouté ;
- mépris social dans les modalités de délivrance de l’information ;
- sentiment d’un désintérêt ou d’une attitude méprisante de la part du personnel soignant ;
- patient abordé avec un ton et des paroles inappropriés voire humiliants ;
- entraves et contraintes mises en place pour le confort des professionnels ;
- besoins primaires pas toujours respectés (soif, faim, sommeil…) ;
- douleur trop souvent minimisée, parfois ridiculisée… ; atteintes à l’intimité corporelle ;
- problèmes récurrents concernent le recueil des selles et des urines (« couches » imposées)…
Respect réciproque. Le malade, personne vulnérable par excellence, demeure une victime « privilégiée », mais les soignants constituent eux-mêmes désormais une catégorie de victimes « à risque ». Si le patient et ses proches disposent de droits, ils ne doivent jamais oublier qu’ils ont aussi des devoirs, au même titre que les professionnels de santé.
Promouvoir, la bientraitance, respect réciproque, transfert d'agressivité : retrouver les analyses du Pôle Santé et Sécurité des Soins
Le Conseil de l'Europe a proposé, en 2002, une définition de la maltraitance comme étant « tout acte, ou omission, qui a pour effet de porter gravement atteinte, que ce soit de manière volontaire ou involontaire, aux droits fondamentaux, aux libertés civiles, à l'intégrité corporelle, à la dignité ou au bien-être général d'une personne vulnérable. »
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