59 - Roubaix - Atelier Matins Danse
Atelier Matins Danse
Renseignements au service santé de la ville de Roubaix : 03 20 28 63 70
Vendredis de 10h à 11h45
Gratuit
Pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer comme pour leur entourage, le quotidien est parfois difficile. Pour retrouver des sensations d'apaisement, de bien-être, de plaisir même, un atelier Matins danse fonctionne depuis l'an dernier. Des petits pas précieux...
Un matin dans les studios Roussel, rue des arts. Avec une infinie délicatesse, Véronique Brunel dirige le mouvement de ses élèves du jour. Ils sont âgés, on les sent un peu perdus. Une dame rit aux éclats, mais derrière se dissimule à peine la gêne de ne plus tout à fait maîtriser le cours des choses. L'atelier est destiné aux personnes atteintes de maladies neurodégénératives et à leurs accompagnateurs de vie. La plupart sont atteints de la maladie d'Alzheimer. À leurs côtés, un conjoint, une fille, une voisine. Au quotidien, un binôme qui mène ce drôle de pas de deux dans les méandres de la maladie se retrouve pour tout autre chose. « L'idée est de leur proposer une activité de bien-être, pour que la relation soit positive, dans l'échange », explique Estelle Garnier, du Centre Chorégraphique National. Alors, patient et aidant esquissent des mouvements. Les exercices du jour se font avec une balle de tennis. « Faites la tourner autour de vous, oui, très bien, bonne idée de la passer d'une main à l'autre », encourage Véronique. Étrange comme une petite balle jaune détend la plante des pieds, caresse le dos, sert de cadeau de l'un à l'autre dans une sorte de ronde enfantine. Rompre avec le quotidien Odile vient avec sa maman, et plusieurs autres personnes de la résidence du Nouveau monde : « Je l'accompagne parce que ça lui fait du bien, et je suis heureuse de le faire ». Elle ajoute « au quotidien, c'est très dur... » On le croit volontiers. Il faut une tendresse immense pour prendre soin de cette maman exigeante. Cette matinée est une pause. Un répit. L'atelier, appelé « Matins danse », a reçu un prix de la fondation Pfizer. Après la danse a lieu un atelier diététique, car les personnes atteintes d'Alzheimer ont tendance à maigrir, à perdre ce plaisir-là aussi. Pourtant, l'atelier n'affiche pas complet. Par pudeur, parce que ça peut être compliqué ou impressionnant de se rendre chaque semaine dans un studio de danse, ce n'est pas encore simple de venir. L'atelier ne soigne pas une maladie très complexe, mais apporte une proposition artistique et poétique. « Ce n'est pas de la danse thérapie », explique Pascal Minam-Borier, directeur de l'école de danse du centre chorégraphique national. Il s'est formé sur le sujet, souligne que « dans cette maladie, c'est la mémoire affective qui disparaît en dernier. les personnes ont besoin de se sentir entourées, et souvent, il se passe des choses très touchantes. Pour nous c'était un peu un voyage en terre inconnue, on expérimente... » Avec la danse, le sensible est sollicité. À la fois on déconnecte mais on se reconnecte aussi. « L'autre jour, un monsieur qui ne parle plus s'est mis à chanter... », raconte Pascal Minam-Borier. Difficile d'évaluer ce qu'une matinée peut apporter. Le bonheur est-il quantifiable ?
Il explique comment le projet est né « à la fois grâce à la nature très humaniste de Carolyn Carlson, à l'engagement du Dr Dujardin à l'hôpital de Roubaix et à l'engament du service santé de la ville ».
Source : www.nordeclair.fr, le 14 mai 2010 (Article complet)






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